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Dernière màj le 13/02/2019
Blog créé le 26/08/2009

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Voyage dans le temps.....

 13/02/2019
Les années 1962-1964.....Dans une ville de province....capitale vésunienne, un adolescent nourri exclusivement aux légumes du marché paysan découvre le Livre de poche et ses attraits !  La salade valait un Franc, et le Livre de poche aussi ! En hommage à notre lectorat et à nos producteurs locaux !

D'ici quelques semaines, proche printemps, paraîtra en librairie :  "L'après-midi d'un fauve, précédé de Journal de choses"....sur le mode littéraire "chantefable". Voici en attendant,  à l'intention de nos lectrices assidues....sur le mode "abécédaire"  !

MEMOIRES D'UN RAT DE LIBRAIRIE

C'était écrit sur les réverbères à gaz, sur les feuilles mortes du Boulevard Montaigne et sur les visages verdâtres des Grâces de fontaines Wallace. C'était chanté dans les paroles d'amour des chats de gouttière, dans le vol des étourneaux, dans la paresse des crétins. Toujours, ils s'appelaient vaille que vaille des crétins jeteurs de livres, vaguement français, légérement locuteurs du volapük. Consultez là-dessus les amis des crétins et aucun ne cherchera la vérité anatomique de quelque texte que ce soit. La ville, capitale vésunienne en mouvement affichait ses boutiques bondées, ses bars à joyeux drilles, ses cinémas à puces, ses marchands d'élastique à bretelles et à billets de loterie. Au pied du bronze du glorieux général Daumesnil trônait l'antique et royal kiosque à journaux, cerné de part et d'autre par l'épiderme des pavés luisants. Jadis, les feuilles jaunes d'automne illustraient les allées du boulevard Montaigne.
En cette année 1962, j'obtins mon certificat de nationalité lecteur.

Lecteur novice, à peine sorti des Trois Mousquetaires et du Grand Cirque de Closterman, je ne connaissais pas encore Goethe, ni Michel-Ange, ni Picasso, je croyais que la Renaissance était un cinéma de quartier, et la paresse plus attirante que la bouche de ma voisine de palier Vénus de parc à vélos. Eh bien, oui ! sans chagrin et sans amertume, j'avais raison de penser à Vénus. De sa mystérieuse susbstance divine sortirent miraculeusement grâce à ma naturelle paresse et ses deux parents; UN LIVRE ! Un livre a deux parents; un qui l'écrit, et l'autre qui le lit. Vers la fin l'été indien, soudain, sans crier gare, ma voisine de palier, lâchement abandonnée au profit de la Traviata, confirma que ce bon Verdi, cet aimable Léonard, pas plus l'un que l'autre, n'avaient jamais existé, pas plus que l'océan, ni les femmes fatales, ni les Pyrénées, ni rien.....Nous habitions rue Combadonna, tout près du dépôt où Pelaillo, ténor du klaxon expert en dégraissage des oreilles remisait son tricycle à glaces et cornets. Lyon, Bordeaux, Rome, Milan, chaque ville possédait son Pélaillo. A l'abri de mes persiennes, je contemplais mes godillots à lacets, mon tube de Pento, mes livres de poche éditées par Gallimard, bref, tout ce qu'un adolescent de quinze ans peut désirer. La première librairie coopérative où je mis les pieds était située rue Victor Hugo à P******** et lorsque le gérant Mallory décrocha mes deux premiers volumes choisis, à savoir Topaze et la Femme du boulanger, j'étais enfin devenu ce qu'il est convenu d'appeler, un vrai rat de librairie.

Au mois d' octobre 62, sous un mélange périgourdin de soleil et de pluie, grâce à Venus, la vraie Vénus, tout arrosé d'énergie érotique, je tentais de fuir l'inflexible banalité tant soumise au règne du crétin dominant. J'appris quelques règles élémentaires que chaque rat se doit d'honorer; tout d'abord, humer le bouquet et l'arôme du papier et son millésime, identifier la date de parution et la date réelle de réimpression puis enfin découvrir l'inévitable cachet de l'imprimeur-relieur "Brodard et Taupin". En bon sommelier, il me fallait admirer le dessin de couverture, signé Francette Guérin ou Jean-Claude Forest le plus souvent, et bien entendu, jeune et élégant dégustateur puriste, ne pas oublier la fameuse page dite "du même auteur". J'avais sous les yeux, sur papier glacé, transparent et verni les dessins ambres, pourpres, violacés ou safranés de Brassaï, Prévert, Cocteau, Bernard Buffet, Colette, Léonor Fini, Pierre Faucheux et Lucien Fontanarosa. N'ayant jamais su peindre, je me mis à dépeindre. Mon Dieu quel bonheur, enfin ! j'étais un rat. Un rat du goût, certes, mais tout de même un rat.

copyrightJean-JacquesDallemand - reproduction interdite sans autorisation de l'auteur.
Cliché : reproduction d'une oeuvre picturale signée José Corréa : Un adolescent Rimbaldien.

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APOLLINAIRE

Guillaume Apollinaire véritable inventeur du mot "surréalisme". Fondateur de la Revue blanche dans laquelle il publia son premier conte "L'Hérésiarque", puis le célébrissime "Alcools". Je lui dois mes premiers émois en découvrant "Sous le pont Mirabeau"....
.

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine......

A vos recueils !

J'eus soudain envie de visiter Paris....et mon premier hommage au poète fut délivré du haut de ce fameux pont Mirabeau.
Pour les jeunes gens, garçons et filles des années 2015, peut-être un appel à la lecture, voire une source d'inspiration....le cas échéant suggérer à leur idole chantante, Kendji, la découverte d'un vrai texte poétique..."Les cloches" : "Mon beau Tzigane mon amant".......à déguster, avec ou sans roulotte lors des veillées du mois d'août.....ou bien dès aujourd'hui.....Avec ou sans guitare !

La leçon de vie poétique d'un artiste, en l'occurrence Apollinaire, nous enseigne à quel point il faut se méfier, à la fois de la guerre et de la grippe !

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ARNAUD

Henri Girard devenu Georges Arnaud, j'en entendis parler avant qu'il ne devienne l'inénarrable conteur d'aventures découvert par le grand public lorsque le "Salaire de la peur" fut porté à l'écran en 1954.par Clouzot.....En compagnie de sa mère et de sa tante il habita quelques années le magnifique château d'Escoire proche de Périgueux. Grand amateur de musique classique aux mains de pianiste......il n'entendit rien à ce qui se passa dans les étages inférieurs et bien entendu, accusé à tort du meurtre de son père, sa tante et la bonne fut heureusement acquitté.....
Du même auteur, à lire sans tarder : "Le voyage du mauvais larron"......"Les oreilles sur le dos"....."La plus grande pente" ....pour embellir vos nuits......Pour votre rayon théâtre "les aveux les plus doux", mise en scène de Michel de Ré, avec Michel Piccoli.... une pièce victime de la censure en 1953 interdisant formellement que cet ouvrage soit porté à l'écran...merci messieurs les censeurs !
Leçon de vie : C'est bien beau d'accuser un innocent, mais encore eût-il fallu qu'il soit coupable. Puisqu'il fut innocenté, je ne vois pas pourquoi la municipalité d'Escoire ne lui a pas encore élevé une statue. Ne tirez pas sur le pianiste !

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A suivre !..........

 






 

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